Le diagnostic

Malgré leur fréquence élevée (environ 6% des enfants), les dyspraxies sont encore très méconnues. Troubles du développement et de l’apprentissage gestuel dans un contexte de déficit des informations spatiales (chez les jeunes dont l’intelligence verbale est respectée), les dyspraxies constituent un handicap scolaire et social sévère. Elles doivent être distinguées des difficultés «banales » d’enfants peu motivés par la scolarité avec lesquelles elles sont encore souvent confondues. Pour cela, le diagnostic doit répondre à une méthodologie rigoureuse.

Qui peut faire le diagnostic ?

C’est la synthèse des bilans psychologiques et paramédicaux, effectuée par un médecin spécialisé (neuropédiatre, pédiatre, médecin de rééducation, médecin scolaire) qui permet d’arriver au diagnostic de la cause (Trouble Cognitif Spécifique) responsable d’un (ou plusieurs) trouble spécifique des apprentissages (TSA).

 A quelles occasions ?

Les plaintes initiales concernent soit un retard psychomoteur noté précocement soit ultérieurement (vers quatre à six ans), le retard graphique et la maladresse chez un enfant vif et beau parleur, exempt d’une pathologie mentale, neuromotrice ou sensorielle susceptible de rendre compte du trouble gestuel.

 Les évaluations nécessaires

Le diagnostic nécessite de réunir un faisceau concordant d’arguments issus d’évaluations qui s’étaleront sur plusieurs mois et qui dépendent de différents professionnels.

  • Etape 1:

Il faut demander que soient pratiquées les échelles de Wechsler (WPPSI-III ou WISC-IV selon l’âge), qui permettront d’éliminer une déficience intellectuelle et montreront des points forts dans le secteur du langage et de la mémoire, contrastant avec des points faibles dans le secteur visuospatial et praxique. Les professionnels habilités à faire passer ces tests sont des neuropsychologues, des psychologues cliniciens ayant une connaissance des troubles « dys ».

  • Etape 2 :

Des évaluations en psychomotricité, ergothérapie, orthophonie et orthoptie neurovisuelle confirmeront le diagnostic en utilisant des tests étalonnés pour chiffrer l’intensité du retard graphique, évaluer les traitements neurovisuels et visuospatiaux, juger des capacités de réalisation des gestes, mimes et de reconnaissances des gestes naturels, et juger des répercussions dans la vie quotidienne.

Une aide au dépistage: le questionnaire DCDQ à remplir par les parents et à donner à un professionnel de la santé compétent (il a été traduit en français)

  Sources de l’article :

Dr Mazeau Le Bilan neuro-psychologique et le diagnostic des troubles dys et TR spécifiques des apprentissages – Guide pratique destiné aux parents «  – 2012

Dr Pouhet « en situation probable de dys, comment construire un bilan « raisonné » à partir des symptômes scolaire »- 2011

Dr Michèle Mazeau – Archives de pédiatrie 17 (2010) 314- 318

Guide Pratique pour médecins